“C’est ici où nous vivons” by LEE Minho
2011-04-28 14:02:36 , Tuesday

C’est ici où nous vivons

J’ai toujours apprécié la photographie documentaire qui dépeint les êtres humains dans un environnement dépaysé, froid et sec. Plus la photographie montre des êtres humains qui errent  dans une grande ville hyper moderne, plus la sensation est forte pour moi. Car j’essaie de mettre en scène les rapports entre ces humains minuscules solitaires perdus et des architectures immenses, dures et parfois même monstrueuses.  

A travers les fenêtres de mon atelier, je vois les constructions en métal et les deux   grandes cheminées d’une usine d’où sortent des fumées énormes. Les gens regardent cette scène avec des émotions à la fois audacieuses et habituées.  C’est peut-être qu’on la considère comme un paysage nécessaire dans notre époque.    Ce paysage qui est fait par mes contemporains et pour nos besoins, nous envahit et forme un monde rigide,  dans lequel les gens mènent une vie anonyme.  J’essaye de décrire cela à travers la photographie.  

Pendant que je photographie, je découvre des choses que je n’avais pas préalablement remarquées. Ce sont parfois des petites choses, mais elles me donnent des indices importants pour mieux comprendre la société. Roland Barthes disait que « l’un des caractères importants de la photographie est les contingences ou les hasards ». Par la force du hasard on jette un regard différent, on contemple, on interprète, et on essaye de comprendre.  

Je vois le monde dans le cadre d’un appareil de photo, je choisis le monde que je veux montrer dans ce cadre.  Je vois un monde dans une cité, je vois un monde dans un quartier de cette cité. Ce monde est composé des gens normaux sur fond architectural, cimenté, métallique, verre, froid et sec.  Ce monde promeut une certaine facilité de vivre et de communication, mais, la plupart de temps, il me semble qu’il est de plus en plus difficile de communiquer avec autrui, de manière naturelle et face à face. Avec l’invention de nouvelles technologies, le monde s’est rapproché par la distance, mais pas par le contact tactile.  L’architecture ultra moderne exprime à la fois le confort de vivre et la difficulté de communiquer. On n’ose souvent pas franchir ces murs fortifiés et parfois (in)visibles.  


Ce monde m’est proche, et, en même temps, il m’est très éloigné, dépaysé.

LEE Min Ho

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